L’ayurvéda, l’individu avant la maladie
- adrienblondet
- 2 janv.
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 3 janv.
Ce texte est issu d’une conférence et a été adapté à l’écrit afin de clarifier certains principes de la médecine traditionnelle ayurvédique.

La santé est le plus souvent abordée à partir de la maladie : symptômes, diagnostics, traitements. Cette approche, nécessaire dans de nombreux cas, laisse toutefois peu de place à une réflexion plus globale sur le terrain, le mode de vie ou les conditions qui ont permis l’apparition d’un déséquilibre.
L’ayurvéda, médecine traditionnelle indienne, propose un changement de perspective.
Elle ne s’intéresse pas uniquement à ce qui ne fonctionne plus, mais à la dynamique globale de l’individu, dans son environnement et dans son quotidien. Le symptôme devient alors un indicateur de déséquilibres plus profonds, plutôt qu’un élément isolé à faire disparaître.
Dans ma pratique, je rencontre régulièrement des personnes pour lesquelles les symptômes ont été identifiés, sans que les conditions ayant favorisé leur apparition n’aient réellement été explorées.
Cet article propose une présentation claire et accessible des principes fondamentaux de l’approche ayurvédique, afin de comprendre en quoi elle se distingue d’une vision strictement centrée sur la maladie, sans entrer dans des développements techniques.
Une médecine traditionnelle fondée sur une vision globale de l’individu
L’ayurvéda est la médecine traditionnelle indienne, transmise depuis plusieurs millénaires. Elle est reconnue comme telle par l’Organisation mondiale de la santé, dans le cadre de la reconnaissance des médecines traditionnelles.
En tant que médecine traditionnelle, complémentaire et intégrative, elle repose sur :
une compréhension structurée du vivant,
une lecture cohérente de la santé et de la maladie,
un cadre d’accompagnement fondé sur l’observation et l’expérience.
Il ne s’agit donc pas d’un ensemble de pratiques isolées ni d’un courant de bien-être, mais d’un système global, articulé autour d’une vision précise de l’être humain et de son environnement.
Cette cohérence d’ensemble fonde la spécificité de l’approche ayurvédique.
Dans un contexte occidental contemporain, cette approche peut également s’inscrire dans un cadre de naturopathie, entendu comme un ensemble de pratiques d’accompagnement visant à soutenir le terrain, le mode de vie et les capacités d’autorégulation de l’organisme. L’ayurvéda y apporte une structure traditionnelle, cohérente et éprouvée.
Comprendre l’individu avant de comprendre la maladie
Le terrain comme point de départ
Dans l’approche ayurvédique, la maladie n’est pas considérée comme un événement isolé. Elle se développe sur un terrain, façonné au fil du temps par l’alimentation, le rythme de vie, l’environnement, le climat, le stress ou encore l’histoire personnelle.
Le symptôme est alors perçu comme un signal, et non comme la cause première du déséquilibre.
Deux personnes présentant un trouble similaire peuvent ainsi relever de mécanismes très différents. Autrement dit, un même symptôme ne signifie pas nécessairement une même origine. C’est par une compréhension globale de l’individu que l’ayurvéda cherche à rééquilibrer le terrain.
L'ayurvéda, une approche profondément individualisée
L’ayurvéda ne fonctionne ni sur des moyennes ni sur des règles universelles applicables à tous.
Chaque accompagnement est pensé à partir de l’individu, et non à partir d’une catégorie de maladie.
Sont notamment pris en compte :
la constitution propre à la personne,
son mode de vie,
son environnement,
la manière dont le déséquilibre s’est progressivement installé.
L’individu précède toujours la maladie, tant dans la compréhension que dans l’accompagnement.
Comprendre et agir sur les causes profondes
La recherche systématique des causes
L’un des principes fondamentaux de l’ayurvéda est la recherche des causes profondes. Tant que celles-ci ne sont pas identifiées et prises en compte, le déséquilibre tend à persister, même si les manifestations visibles évoluent.
Les approches purement symptomatiques ne sont pas exclues, mais elles occupent une place secondaire. L’enjeu principal est de comprendre ce qui, dans le mode de vie ou l’environnement, entretient le déséquilibre.
Lorsque la cause cesse d’agir, le symptôme perd progressivement sa fonction de signal d’alerte.
Cette approche n’exclut pas le recours à d’autres formes de prise en charge lorsque la situation l’exige.
Agir avant que le déséquilibre ne s’installe
L’ayurvéda accorde une importance particulière à la prévention. Elle s’intéresse aux signes précoces, parfois discrets, qui précèdent l’apparition d’une pathologie constituée.
Intervenir à ce stade permet souvent de limiter l’installation de déséquilibres plus profonds, plus complexes et plus durables.
C’est dans ce sens que l’on qualifie souvent l’ayurvéda de médecine à forte dimension préventive.
Soutenir l’intelligence du corps plutôt que lutter contre lui
Le vivant comme processus intelligent
L’approche ayurvédique repose sur la reconnaissance d’une intelligence intrinsèque du corps, capable de s’autoréguler lorsque les conditions appropriées sont réunies.
Le rôle de l’accompagnement n’est pas de contraindre ce fonctionnement, mais de le soutenir lorsqu’il est perturbé.
Cela implique notamment :
le respect des rythmes biologiques,
la prise en compte des saisons et du climat,
l’adaptation des habitudes de vie au contexte dans lequel la personne évolue.
Une vision globale de l’être humain
L’être humain est envisagé comme un tout : le corps physique, le fonctionnement énergétique et l’activité mentale sont étroitement interdépendants.
Si l’impact de l’esprit sur le corps est aujourd’hui relativement bien compris, l’influence du corps sur l’état mental reste parfois plus difficile à appréhender. L’ayurvéda intègre pleinement cette relation dans sa compréhension de l’équilibre.
Le rôle central de l’implication du patient
L’ayurvéda ne propose ni solution immédiate ni réponse uniforme. L’accompagnement repose sur une responsabilité partagée entre le praticien et la personne accompagnée.
Le praticien observe, guide et ajuste.
La personne agit dans son quotidien, en modifiant progressivement ce qui a contribué au déséquilibre.
Certaines situations nécessitent du temps, parfois plusieurs mois. L’objectif n’est pas seulement de faire disparaître un trouble, mais de renforcer durablement le terrain, afin de limiter les récidives et de soutenir l’équilibre sur le long terme.
Conclusion
L’ayurvéda est une médecine traditionnelle qui ne se limite pas au traitement des maladies. Elle propose avant tout une compréhension fine de l’individu, de son environnement et des causes profondes des déséquilibres.
En plaçant le terrain, la prévention et l’individualisation au cœur de sa démarche, elle invite à une relation plus consciente à la santé, fondée sur la cohérence, la progressivité et la responsabilité.
Prolonger la démarche par un accompagnement personnalisé
Les principes présentés dans cet article offrent des repères généraux issus de la médecine traditionnelle ayurvédique.
Lorsqu’une situation concerne un vécu personnel ou des déséquilibres installés, une consultation permet d’envisager ces éléments de manière individualisée, en tenant compte du terrain, du mode de vie et de l’histoire de chacun.
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